Style d'attachement craintif-évitant : l'attachement le plus incompris
Onedayte Redactie
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Vous voulez de la proximité, mais dès que vous l'obtenez, vous paniquez. Vous attirez quelqu'un vers vous puis repoussez cette même personne. Vous oscillez entre un désir intense de connexion et un besoin irrésistible de fuir. Et le plus frustrant : vous ne comprenez pas votre propre comportement.
C'est le style d'attachement craintif-évitant, également connu sous le nom d'attachement désorganisé. Il touche environ 5 pour cent des adultes et constitue le moins compris, le plus complexe des quatre styles d'attachement. Là où les personnes avec un attachement anxieux cherchent constamment la connexion et les personnes avec un attachement évitant maintiennent constamment la distance, les personnes avec un attachement craintif-évitant oscillent entre les deux extrêmes.
Comment se développe l'attachement craintif-évitant
Bartholomew et Horowitz ont décrit dans leur recherche influente de 1991 (publiée dans le Journal of Personality and Social Psychology) quatre styles d'attachement chez les adultes. Le style craintif-évitant combine une anxiété élevée (peur d'être abandonné) avec un évitement élevé (inconfort avec l'intimité). Le résultat est un conflit interne qui ne se résout jamais complètement.
Ce style est souvent enraciné dans des expériences d'enfance imprévisibles ou contradictoires. Le parent qui était censé apporter du réconfort était la même personne qui causait la peur. L'enfant a appris que la source de sécurité était simultanément la source de danger. Cela crée un double lien : vous avez besoin de l'autre mais vous ne pouvez pas faire confiance à l'autre.
Dans la version adulte, cela se traduit par des relations caractérisées par la volatilité. Un jour, vous êtes intensément amoureux et investi, le lendemain vous ressentez le besoin de créer de la distance. Non pas parce que le partenaire fait quelque chose de mal, mais parce que la proximité elle-même active la peur.
À quoi cela ressemble dans les relations
Les signaux sont reconnaissables si vous savez quoi chercher. Des signaux contradictoires : un jour vous envoyez vingt messages, le lendemain vous répondez à peine. Une difficulté à faire confiance, même quand le partenaire est constamment fiable. L'auto-sabotage quand la relation va bien : au moment précis où tout semble parfait, vous cherchez des raisons de douter. Une difficulté à réguler les émotions pendant les conflits : la réaction est disproportionnée par rapport à la situation.
Les partenaires de personnes avec un attachement craintif-évitant décrivent souvent cela comme des montagnes russes. Un instant, ils se sentent au centre du monde de quelqu'un, l'instant d'après ils se sentent exclus. Cette incohérence est déroutante et douloureuse pour les deux parties.
Que pouvez-vous y faire ?
La prise de conscience est la première et la plus importante des étapes. Reconnaissez le schéma quand il se produit. Ressentez-vous l'impulsion de vous retirer au moment même où tout va bien ? C'est probablement votre système d'attachement, pas votre intuition.
Cherchez une aide professionnelle, de préférence la Thérapie Focalisée sur les Émotions (TFE) ou la thérapie des schémas. L'attachement craintif-évitant est souvent enraciné dans des expériences traumatiques précoces qui ne peuvent pas être traitées par la seule réflexion personnelle. Un thérapeute peut aider à reconnaître le double lien et à le démanteler progressivement.
Choisissez un partenaire patient, constant et avec un attachement sécurisé. Quelqu'un qui ne prend pas vos signaux contradictoires personnellement mais les reconnaît comme un comportement d'attachement. Quelqu'un qui reste, même quand vous repoussez. Ce n'est pas facile à trouver, mais c'est le fondement de la guérison.
La bonne nouvelle est que la prise de conscience peut commencer à tout âge. La thérapeute de couple Michelle Jonker décrit sur son site comment elle-même est passée d'un attachement évitant dans la vingtaine à un attachement sécurisé dans la trentaine. Son expérience confirme ce que la recherche montre : le changement est possible, mais il nécessite de l'honnêteté envers soi-même et le courage de chercher de l'aide quand vos propres schémas vous bloquent.
Le chemin vers un attachement plus sécurisé est plus long pour les personnes avec un attachement craintif-évitant que pour celles avec un attachement anxieux ou évitant, mais la destination est la même : la liberté d'aimer sans avoir constamment peur que cela vous blesse.
Il est également important de comprendre que l'attachement craintif-évitant se manifeste différemment selon les étapes de la vie. Dans la vingtaine, il peut s'exprimer par un schéma de relations intenses mais courtes. Dans la trentaine, par une peur croissante de ne jamais trouver une relation stable. Dans la quarantaine, par une lassitude des rencontres enracinée dans des déceptions répétées.